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Oscillation

 
 
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(Misha Gordin)
 
 
 
Eprise du Rien -
 
Sur prise d'élans du coeur,
 
Elle s'ancre à son Tout.. 
 
 
 

La mer au fond de soi..

  
 
Regarder la réalité en Farce
Et la faire basculer de son socle branlant,
Lui planter dans les yeux les phares de son obscénité,
Prendre son envol au-dessus des tracés et des perspectives,
Se laisser planer au mépris des lois de la pesanteur,
S'affranchir du mal, du vide et de la peur,
Atteindre la mer et ses chants prometteurs
Pour une promenade ultime
Qui n'aurait pas de
Fin..
  
 
 
    
("Mar adentro" d'Alejandro Amenàbar - 2004) 
 
  

A l'ambre des mots

 
 
 
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J'ai aiguisé mes canines
à l'ambre des mots.
Mes nuits devenues fauves.. 
 
 
 

Une petite musique..

 
 
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Camille Claudel - ("La petite Sirène") 
 
 
La musique des corps est silencieuse.
Elle se joue sur la peau en accords muets.
On dirait la vague qui caresse le sable.
Le ciel est rouge.
 
L'horloge s'est arrêtée. Le rythme s'amplifie,
autrement. Dans la démesure du temps
qui s'affole, quand les boussoles perdent
le nord. Ils ne trouvent plus les mots.
 
Il parle. Elle n'entend pas.
Sa bouche parle un autre langage, un souffle
brûlant, une odeur qui enivre. Ils flottent,
mais il n'y a pas d'eau. Un reflet sur la vitre,
peut-être, une lueur au-dehors. Elle ne voit pas.
 
 
   
 
  

Jason de Caires Taylor

 
 
 
Jason de Caires Taylor ("Vicissitudes") 
 
 
Jason de Caires Taylor est un sculpteur qui a une façon tout à fait originale d'exposer ses oeuvres. En effet, une fois achevées, il les installe sous la mer et invite le spectateur-plongeur à une expérience étrange et unique à travers un art en perpétuelle transformation. Cette collection d'oeuvres immergées ouvre au spectateur une porte sur l'insolite univers sous-marin et transmet un message vital sur l'importance de respecter ses richesses et ses mystères.
 
 
 
 
   
 
 
 

Le souffle..

 
 
 
  
 
Je voudrais mourir dans tes cheveux, dans la coupe de tes mains,
une eau claire qui s'écoule sans se préoccuper des saisons,
le chant de l'alouette qui colore de mille éclats l'aube blafarde
du jour recommencé, tu me dis dans l'amour c'est toujours l'innocence,
tu déchires le voile des peurs enfouies, tu me brûles du feu de tes lèvres,
et sans fin le souffle de ton désir ondule sur ma peau affamée
comme le vent du désert sur les dunes éternelles..
 
 
("Tout vrai regard est un désir"- Musset)
 
    
 

Rendez-vous..

 
 
 
 
 
 
 
 
Il lui avait donné rendez-vous le lendemain près de l'étang, et puisque ses amours étaient à l'agonie, elle avait décidé de s'y rendre .
 
Pendant qu'elle divaguait sur la plage, elle essaya de se souvenir du déroulement de cette soirée où elle n'avait échangé que quelques mots avec cet homme. Mais en vain. D'ailleurs elle se demandait si sa mémoire ne commençait pas à être un peu défaillante. La farandole de ses souvenirs entremêlés la rendaient folle par moments. D'où pouvait bien venir ce grain de sable qui avait enrayé son fonctionnement, si parfait jusqu'alors ?
 
Il y avait en filigrane, sur les bords de la carte qu'il lui avait remise avant de s'éclipser, la marque d'une minuscule tache de sang. Avait-il saigné du nez, ou alors peut-être cette petite blessure à la tête qu'elle avait décelée sous son chapeau.
 
La voûte de ce ciel sans lune n'éclairait plus la mer et ses pas aveugles sur le sable noir la ramenèrent lentement chez elle. La miette d'ombre qui s'était infiltrée dans sa mémoire avait fini d'éveiller sa curiosité et la fit basculer à nouveau sur la rive du désir..
 
 
  
                Térez Montcalm
 
 
 

Vibrations ..

 
 
 
 
 Yuko Adachi ("Nature Feels")
 
  
Ils se sont accordés en vibrations duelles
Au bout de leurs errances et des sursauts de l'âme
Entre eurythmies factices et distorsions cruelles
Ils ont gravé sur eux le même monogramme
Dans l'encre des fêlures et le fiel du mensonge
Ils se sont reconnus à la croisée des rêves
Réprimés en leur fond pareil à cette éponge
Qui retrouverait forme au baiser de la grève .. 
 

 

Ecoute-moi..

 
  
 
 (Ivana Barazzi)
 
 
 
Ecoute-moi
 
Dans cette lumière qui décline jusqu'à l'étouffement
 Ecoute seulement le chant de ma voix
Elle ne veut pas s'éteindre
Comme une caresse inépuisable se nourrissant d'elle-même
 
 
Ecoute-moi
 
Pour ne pas perdre ma trace dans les déserts de ton sommeil
Il t'ensevelira bien assez tôt sous les sables de l'oubli
Là où tu ne pourras plus m'entendre
Quand ton corps ne sera plus que peau morte sous mes doigts
 
 
Ecoute-moi
 
Dans tous les bruits du monde et les silences figés de grande solitude
Le son de ma voix te guidera mieux que nul autre jusqu'à mon île intérieure
Là où je t'attends depuis l'enfance 
Dans mes rêves bleu outremer..
 
 
 

Autre chose..

 
 
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ShixOr (Deviantart) 
 
 
 
Touche du bout des yeux autre chose que tes yeux
Laisse-toi pénétrer du glaive de son regard.
 
Touche du bout des doigts autre chose que ta peau
Il saura mieux que toi révéler ses contours.
 
Touche du bout des lèvres autre chose que ton souffle
Il pourra le cueillir au baiser de ta bouche.
 
Touche du bout du coeur autre chose que ton coeur
Laisse-le s'oublier sur les ailes du désir,
Laisse-le s'échapper de l'entrave de toi
Et tu pourras ainsi toucher à
Autre chose..
 
 
  

La sève de mes pensées..

 
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(Jean-Pierre Delmur) 
 
 
 
Sur chaque pétale de la fleur
                                    inversée
                                                 qui pousse dans
                             ma tête
          Perle goutte-à-goutte
                                           la sève de mes pensées
 
L'oiseau du matin s'y abreuve
                                                avant
               le premier chant
                                    
 
 

Je t'attends..

 
 
 
(Denis Olivier) 
 
 
Je t'attends sans la Peur
Au bout de mes déserts liquides
Et perdus dans la mémoire cellulaire
Des rêves naufragés en mal d'émergence,
 
Je t'attends au croisement des pistes brouillées
Où les traces redessinées de nos pas
Ouvriront pour nous un chemin sans ornière
Tapissé seulement de nos baisers soyeux, 
 
Je t'attends aux confins de ces Terres Promises
Où les aurores grises deviennent boréales
Et les mers de vague-à-l'âme s'oriflamment
En illuminant tous nos ciels sans lune
 
Je t'attends là..
 
 
 
 
   
 
 

Dis-moi..

 
 
 
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Igor Kraguljac
 
 
 
Dis-moi les mots qui jaillissent de tes yeux
Nus comme au premier jour,
Sans fard ni enrobage d'imposture..
 
Dis-moi les mots qui n'ont jamais été polis
A la pierre d'oraison des amours légitimes..
Je les préfère ruisselants d'inconvenance
Et libres de s'infiltrer sans y être invités
Dans les moindres fissures de mon désir incandescent..
 
Dis-moi les mots d'alchimie qui transforment
Le plomb des nuits glacées de solitude
En l'or précieux des brûlants à-corps..
 
Dis-moi les mots de cette langue qui n'a pas de nom,
Encore vierge de toute syntaxe,
Pour que je sois la première à l'entendre
Et que je puisse m'incendier à ton arc-en-ciel ..
 
 
 
 
      
 (Norah Jones - "Tennessee Waltz")
 

Désincarcération..

  
 
 
(Denis Olivier)
 
 
 
L'homme qui parvient à s'échapper du troupeau des Espérants
et à se délivrer enfin de sa quête effrenée du Bonheur,
Celui-là seul pourra rêver d'atteindre un jour peut-être
cette inaccessible étoile que l'on nomme Liberté ..
 
 
 

Traces..

 
 
              
 
 
 
 
 (Marc Mercier)
 
 
 
 

De la  fenêtre, elle voyait un homme qui semblait se diriger vers nulle part, en se battant contre le vent.

La fumée de son cigare lui brouillait un peu la vue, mais c´était comme si l´homme sur la plage menait les mouettes vers un destin inconnu. Déjà, il se faisait happer par l´ombre...
Qui est cet homme? Une mince bouffée de fumée s´échappait de ses lèvres bien dessinées. Qui est cet homme, se demandait-elle, et un imperceptible sourire dansait dans ses yeux..

 

    

Elle le suivit du regard jusqu'à ce qu'il disparaisse totalement dans l'ombre glacée de cette fin de journée automnale. Le vent fit claquer les volets bruyamment et elle retourna à sa page d'écriture, étrangement appaisée par cette apparition dont elle se demanda si elle n'avait pas été créée de toutes pièces par son imagination.

Elle déchira le chapitre qu'elle venait d'entamer, et décida de donner vie à cet homme qu'elle venait d'entrevoir à travers les volutes bleutées de son cigare.

Au dehors, les mouettes avaient cessé leur vacarme.. et le silence tomba sur elle comme une nuit sans lune..

 

    

Elle avait eu du mal à s´endormir cette nuit-là. A chaque battement des volets, l´image de cet homme lui réapparaissait. Elle se sentait troublée.. pas troublée d´une facon anxieuse, non .. c´était un trouble nouveau, un sentiment qu´elle ne savait trop bien décrire ; un sentiment doux-amer, un peu comme le goût de son chocolat préféré. A l'abri de la nuit, elle se mit à sourire..
Dès son réveil, le lendemain, elle ne put s´empêcher de se précipiter à la fenêtre. Elle se mit à scruter la plage, mais plus aucune trace de l´homme qu'elle avait vu la veille. Même les mouettes semblaient avoir complètement disparu. Il ne restait plus que l´écume des vagues et le bruit du vent qui jouait sur les dunes. Pour une raison qu´elle ne s´expliquait pas, elle se sentit soudain un peu irritée ..
" Je sors ! Les chiens doivent quand-même sortir.. Je vais voir.." se dit-elle.
Quelques minutes plus tard, en voyant courir ses chiens au ras des vagues, elle éclata de rire..
"Mais je suis folle, qu´est-ce que je peux bien espérer trouver, j´ai peut-être tout rêvé.."
- Allez, venez les chiens, on rentre !


Mais elle s´arrêta tout net, car là .. à quelques pas d´elle, elle vit des traces dans le sable.. des traces de pieds. Il avait marché pieds nus. Elle resta figée.. "Je n´avais donc pas rêvé. Il existe !" 

Elle s´agenouilla, et caressa ses chiens d'une main distraite...

 

   
Elle resta un long moment à contempler les empreintes encore vives de cet homme aperçu la veille, de façon si fugitive dans cette lumière incertaine du déclin du jour..
En observant plus attentivement les traces sur le sable, elle parvenait à le revoir tel qu'en sa fulgurance de l'instant gravé dans sa mémoire.. mais avec des détails qui lui avaient échappé alors.. 
En posant ses doigts sur les contours imprimés dans le sable, elle arrivait presque à ressentir la puissance fragile de cet homme qui semblait avoir ouvert pour elle un chemin inexploré..

 

 

De loin, il la vit se pencher sur ses traces. Il observait la façon qu'elle avait d'effleurer le sable, de ses mains graciles.. un peu comme une caresse hésitante. 

Il l´avait déjà vue plusieurs fois au "Carrefour des Profils Perdus", un de ces endroits où l'on venait pour se parler, boire, et être vu. Elle était souvent entourée de gens que peut-être elle connaissait, de près ou de loin. Il ne savait pas pourquoi, mais elle l'intriguait. Quelquefois, il avait eu l´impression qu'elle le toisait. Il aurait aimé lui parler mais ne savait pas trop bien quoi lui dire.. lui, l'Etranger qui venait de si loin.

Son regard gris-bleu, de la même couleur que la mer, se perdait dans le vague de ses pensées...

 

   

A un moment, elle sentit comme une présence derrière elle. Elle jeta un rapide coup-d'oeil pour s'en assurer, mais ne vit rien d'autre que les herbes folles se balançant au gré du vent sur les dunes. Brusquement, ses chiens se mirent à courir dans la direction de la maison.

Elle se dit alors qu'ils en avaient peut-être assez de la promenade ou qu'ils avaient faim tout simplement. Elle se releva et rebroussa chemin d'un pas indécis, laissant comme à regret derrière elle ces empreintes qui l'avaient emportée si loin dans sa rêverie..

Arrivée au pied de la dune qui masquait l'entrée de la maison, elle vit un homme dont elle reconnaissait la silhouette.. et qui s'avançait franchement vers elle, un léger sourire au coin des lèvres. Elle planta son regard dans le sien et, quelque peu troublée par l'expression de ses yeux gris-bleu, ne trouva rien d'autre à dire que : "C'est moi que vous attendiez ?"

 

 

Lentement, il s'était approché d'elle. Une étrange gaieté s'empara de lui, mais il ne dit rien. Il la regardait droit dans les yeux.. ses yeux, d'un brun profond, comme l'ambre que l'on pouvait ramasser après les grandes marées sur les plages de chez lui..

Il la ressentait forte et fragile en même temps. Puis, elle avait dit ces mots : "Cest moi que vous attendiez ?". Sa voix était rauque et douce tout à la fois..

"Peut-être, oui.." lui répondit-il.

Sa réponse était hésitante, comme s'il appréhendait d'une certaine manière que le langage ne vienne brouiller un dialogue qui n'avait pas besoin de mots. Il prit sa main et lui dit simplement : "Viens te promener avec moi .."

Leurs pas s'accordèrent tout naturellement, d'un commun accord. Ils ne disaient rien.

Tendrement, il lui pressa la main et elle fit de même... 

 

 
***
 
 
(Merci à U.E. pour cette parenthèse enchantée, écrite à quatre mains..)
 
 

Le fardeau..

 
 
 
 
 
 
 Picasso (1954)
 
 
 
Un profil de femme se dessinait toujours dans sa mémoire, alors qu'elle cherchait désespérément à lui échapper..
 
Affaiblie par la guerre des clans, elle n'avait fait que chercher un abri loin de sa terre et des siens.
Elle ne tenait pas à finir comme eux et avait décidé d'oublier jusqu'à son lieu même de naissance..
Cette mise à l'écart lui était devenue nécessaire, tout autant que cette envie soudaine de rendre une dernière visite à ses vieux fantômes qui erraient toujours sous la voûte glacée de ses nuits d'insomnie. Tous ces cadavres exhumés du placard lui collaient aux semelles, et elle décida une fois pour toutes d'abandonner ses souliers au bord de la route..
 
Son amant des derniers jours avait parsemé cette route de lampes d'argile afin qu'elle retrouve plus facilement le chemin jusqu'à lui. Mais elle était toujours poursuivie par une ombre envahissante qui s'accrochait à ses pas, et se sentait peu à peu absorbée par elle comme dans un trou noir.
Elle se mit alors à trembler sous l'emprise de cette fièvre qui s'était emparé de son esprit comme des parties les plus intimes de son corps.
 
Elle porterait donc toujours en elle le cadavre de sa mère, comme une insulte à sa raison d'être..!
 
 
 
 
("l'inconscience est une patrie ; la conscience, un exil" Cioran)
 
 
 

Echappement libre..

 
 

                     

 


 

  
 
 
 
 SubterfugesMalaise (Deviantart)
 
 
Le Voyage commençait à virer au cauchemar, car elle n'arrêtait pas de s'y perdre en route..
Ils ne la quittaient plus un seul instant, partout où ses dérives la portaient sans but précis, et elle ne savait plus trop qui accompagnait qui, ou bien lequel entraînait l'autre dans son sillage..
 
Elle se trouva soudain à une croisée des chemins qui la laissa perplexe, et deux statues lui indiquaient une direction diamétralement opposée.. Laisserait-elle ces anges de pierre décider du cours de son voyage ?
 
Elle aperçut un cheval sans cavalier qui traversait la route et elle se surprit à rêver qu'elle s'enfuyait sur son dos, vers une destination connue de lui seul. Le contact charnel avec l'animal lui faisait déjà oublier l'étoffe des corps qui l'avaient privée trop longtemps de cette liberté à laquelle elle aspirait à présent.. Elle ne faisait plus qu'un avec lui ; ils traversaient ensemble vallées, forêts et rivières vers un ailleurs libérateur.. et à ce train d'enfer, elle se retrouvait déjà loin de tous ses questionnements et désirs confus..
 
Un éclat d'or pur transperça ses yeux au soleil couchant et c'est alors seulement qu'elle se mit à songer à un abri pour la nuit.. 
 
Elle ne comptait plus sur sa bonne étoile pour arriver à bon port, ou seulement peut-être encore sur l'Etoile du berger. A cet instant précis, elle se contentait uniquement de savourer le plaisir d'avoir échappé aux geôliers de ses rêves. Dans cette course éperdue, elle se sentait enfin libre à jamais !
De temps à autre, elle se laissait aller avec sensualité sur la crinière rugueuse et douce à la fois, et son nez inspirait avec délice cette odeur chaude et animale qui la rassurait pleinement.
 
 
Elle s'imagina même pendant un bref instant être cette guerrière intrépide, volant au secours de l'Opprimée qui portait toujours en elle ce vague à l'Ame du pays, comme une vieille douleur lancinante..

 

(pour Plum et Fidji..) 

     

 

 

L'incendie..

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Une étoile de feu
sur nos chemins de traverse -
Automne incendié !
 
 
 

Le voyage ..

 
 
  
  
 
 
 
  
 Isabelle Mignot ("Nothing but sea and silence")
 
 
 
Je voyage sur ton corps
Comme ce pinceau fou amoureux de la toile du peintre
Ou cette laminaire emportée contre vents et marées vers le plein océan
 
J'ai épousé tes formes pour m'inventer une nouvelle peau
Tu es ce Nouveau Monde que je découvre du bout des doigts
Où s'offrent à mes sens démons et merveilles inconnus
Des terres encore vierges où nulle autre que moi n'a posé le regard
 
Je pénètre en tes yeux
Comme on se jette à l'eau pour calmer la brûlure d'un soleil trop ardent
Je me noie de plaisir dans cette onde si pure troublée seulement par mon impudeur
Où tu me rejoins dans un dernier souffle pour me rendre à la vie
 
 
Et il n'existe plus rien
d'autre 
que le silence et la mer..  
 
 
 

Un instant d'éternité..

 
 
  
 
 
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 (Marc Berthet)
 
 
 
Tu as saupoudré ma peau d'un nuage de désir
J'ai versé sur toi quelques gouttes de plaisir
On a savouré l'envers de nos endroits secrets
Dans cet opus dédié à la dérive des corps
Aigus et graves harmonieusement mêlés 
J'ai goûté à la saveur ineffable
de cet instant d'éternité
et j'ai aimé..