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Fin de saison..Cali Rezo
Les mots suintent et s'écoulent sur la vitre.
Une fenêtre s'est refermée et le temps s'est arrêté. Là-bas,
plus loin, un cri d'orfraie déchire le voile de la nuit
et réveille la crainte des amants assoupis.
Les larmes du ciel creusent un sillon sous leurs paupières
et la cendre des heures a éteint le brasier des corps
enlacés dans les draps de l'automne..
Conte enseveli..Yahne le Toumelin (miroir du désert)
N'importe où.. Paul Bond ("shelter")
Arômes..Half Algo
Abrupte comme la falaise dressée face à un décor imprenable
Ramure ondoyante des arbres bercés par les illusions de l'aube
Ombre vacillante des rêves foulées aux pieds des réveils mécaniques
Mer d'écume amère vomissant ses entrailles sur les rives de ma dérive
Evidence incontournable d'une fin annoncée diluant mes espérances
Soliloques en sourdine d'un matin brumeux en mal d'apesanteur
De mon départ j'ai inhalé tous les arômes
se mêlant aux effluves d'un café trop fort
Déjà
je n'étais plus là..
La terre du milieu..Indolente jusqu'à l'indécence
Elle s'étire à perte de vue
Entre ses rivages d'innocence
Et les marées de ses abus..
Elle surnage toujours en eau trouble
Et sombre quand elle y voit clair..
Trop près du bord elle se dédouble,
S'épuise dans les courants délétères
puis
Echappant à la colère des Dieux,
Elle rejoint la Terre du Milieu..
Au fond des .. Paul Klee
MONSIEUR A : (avec chaleur) Oh ! Chère amie. Quelle chance de vous...
MADAME B : (ravie) Très heureuse, moi aussi. Très heureuse de... vraiment oui ! MONSIEUR A : Comment allez, depuis que...? MADAME B : (très naturelle) Depuis que ? Eh bien ! J'ai continué, vous savez, j'ai continué à...
MONSIEUR A : Comme c'est ! ...Enfin, oui vraiment, je trouve que c'est...
MADAME B : (modeste) Oh, n'exagérons rien ! C'est seulement, c'est uniquement... Je veux dire : ce n'est pas tellement, tellement...
MONSIEUR A : (intrigué, mais sceptique) Pas tellement, pas tellement, vous croyez ?
MADAME B : (restrictive) Du moins je le... je, je, je... Enfin !...
MONSIEUR A : (avec admiration) Oui, je comprends : vous êtes trop, vous avez trop de...
MADAME B : (toujours modeste, mais flattée) Mais non, mais non : plutôt pas assez...
MONSIEUR A : (réconfortant) Taisez-vous donc ! Vous n'allez pas nous... ?
MADAME B : (riant franchement) Non ! Non ! Je n'irai pas jusque là !
Un temps très long, ils se regardent l'un l'autre en souriant.
MONSIEUR A : Mais au fait, puis-je vous demander où vous...?
MADAME B : (très précise et décidée) Mais pas de ! Non, non, rien, rien. Je vais jusqu'au, pour aller chercher mon. Puis je reviens à la..
MONSIEUR A : (engageant et galant, offrant son bras) Me permettez-vous de... ?
MADAME B : Mais, bien entendu ! Nous ferons ensemble un bout de..
MONSIEUR A : Parfait, parfait ! Alors, je vous en prie. Veuillez passer par ! Je vous suis. Mais à cette heure-ci, attention à, attention aux !
MADAME B : (acceptant son bras, soudain volubile) Vous avez bien raison. C'est pourquoi je suis toujours très. Je pense encore à mon pauvre. Il allait, comme ça, sans, -ou plutôt avec. Et tout à coup, voilà que ! Ah la la ! Brusquement ! Parfaitement. C'est comme ça que. Oh ! J'y pense, j'y pense ! Lui qui ! Avoir eu tant de ! Et voilà que plus ! Et moi je, moi je, moi je !
MONSIEUR A : Pauvre chère ! Pauvre lui ! Pauvre vous !
MADAME B : (soupirant) Hélas oui ! Voilà le mot ! C'est cela !
Une voiture passe vivement, en klaxonnant.
MONSIEUR A : (tirant vivement madame B en arrière) Attention ! Voilà une !
Autre voiture, en sans inverse. Klaxon. MADAME B : En voilà une autre !
MONSIEUR A : Que de ! Que de ! Ici pourtant ! On dirait que !
MADAME B : Eh bien ! Quelle chance ! Sans vous, aujourd'hui, je !
MONSIEUR A : Vous êtes trop ! Vous êtes vraiment trop ! (Soudain changeant de ton. Presque confidentiel) Mais si vous n'êtes pas, si vous n'avez pas, ou plutôt : si, vous avez, puis-je vous offrir un ?
MADAME B : Volontiers. Ca sera une ! Comme de nouveau si...
MONSIEUR A : (achevant) Pour ainsi dire. Oui. Tenez, voici justement un. Asseyons-nous !
(Ils s'assoient à la terrasse du café)
- Jean Tardieu -
("Finissez vos phrases")
Virtuellement vôtre.. Mirjam Franck
Parée de ses plus beaux atours
Installée avec élégance
Sous la lumière de l'abat-jour
Qui pose un voile d'indécence
Sur ses nudités alanguies
Les jambes savamment croisées
Exposée à tous les regards
Sur ses lèvres un sourire figé
Elle attend ainsi jusqu'au soir
Celui qui lui rendra la vie
Puis la nuit tombe sur la ville
Comme le rideau d'un théâtre
Avec ses ombres qui défilent
Pressés de courir au désastre
Pour elle il n'y a pas de trève
Elle sera là encore demain
Derrière cette vitrine aux rêves
Et sous l'abat-jour
qui s'éteint..
Le poids des mots ..Des mots qui s'interpellent
sur des chemins de croix
Des mots qui s'amoncellent
sur des cordes sans voix
Des mots qui s'apprivoisent
dans les creux du silence
Des mots qui se décroisent
au carrefour des offenses
Des mots qui font l'amour
dans des draps d'innocence
Des mots à contre-jour
pour calmer nos violences
Des mots jetés à l'eau
comme on jète à la mer
Un inutile fardeau
pour mieux pouvoir se taire..
et, en cadeau :
Indécence ...Arrête de rêver et de te bercer d'illusions ...!! Tu vois bien où çà t'a menée...!
Mais je n'ai pas tant rêvé que çà, tu sais ! Il m'a faite rêver aussi..! J'ai simplement cru à ce qu'il me disait, avec ses mots si convaincants et ses étincelles dans les yeux...
Eh bien, tu as eu tort ! Tu es beaucoup trop confiante ..!
Tu as sans doute raison, mais vois-tu, ces rêves et ces illusions m'ont permis de continuer à vivre... car finalement, sans eux, que me resterait-il aujourd'hui de lui ..?
Tu veux dire que, de toutes ces années passées, il ne te reste plus que les rêves et les illusions perdues ...?
Non, bien sûr..! Il me reste la réalité toute nue ! Mais je l'ai toujours trouvée .... indécente !
(Christian Pavet)
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