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    Fin de saison..

     
     
     
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    Cali Rezo
     
     
     
    Les mots suintent et s'écoulent sur la vitre.
    Une fenêtre s'est refermée et le temps s'est arrêté. Là-bas,
    plus loin, un cri d'orfraie déchire le voile de la nuit
    et réveille la crainte des amants assoupis.
    Les larmes du ciel creusent un sillon sous leurs paupières
    et la cendre des heures a éteint le brasier des corps
    enlacés dans les draps de l'automne..
     
     
     
      
     
     
     

    Conte enseveli..

     
     
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    Yahne le Toumelin (miroir du désert) 
     
     
    Porphyres éclatés dans l'oeil de la tourmente
    Répliques exhumées d'un tremblement de coeur
    Elle s'accroche à son rêve sur des chemins en pente
    Meurtrissant sa mémoire au poinçon du crève-coeur
    Instable sur ses bases et poussée par les vents
    Elle tombe sur l'arête d'une pierre oubliée
    Resurgie du tréfonds des sables émouvants
    Endormie dans le creux de ses déserts ciliés
     
    Fendant la pierre en deux et elle-même brisée
    Osant un dernier souffle elle redevient poussière
    Invoquant tous les dieux elle se voit dispersée
    Sous un soleil d'enfer et les restes de pierre..
     
     
       
     
     

    La cage des mots..

     
     
     
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    Magritte
     
     
     
    Les mots, s'ils ne parviennent pas
    à s'échapper des barreaux de la Pensée,
    sont comme les oiseaux en cage
    qui finissent par refuser
    de s'envoler..
     
     
     
     
    (A Lui.. qui était aussi léger qu'une plume, et qui ne verra jamais plus ses mots s'envoler ! Adieu Pierrot lunaire )
     
     
     

    N'importe où..

     
     
     
     
     Paul Bond ("shelter")
     
     
    N'importe où un bout de terre
    sous le soleil la mer n'est jamais loin
    mais ses embruns ne gercent plus mes lèvres
    les orangers et les figuiers déposent leur fruits mûrs
    à mes pieds et les mouettes ne font plus partie du décor là 
    où le vent et la pluie ne sont plus que caresses sur ma peau nue
     
    dans la nuit j'écoute le bruit des voix qui m'entourent
    et je reconnais la tienne qui s'approche tout près de moi
     
     

    La fleur rêvée..

     
     
     
     
     
     
    Elle boit son thé.
    Elle pourrait tout aussi bien jouer de l'orgue de barbarie
    ou s'écorcher le coeur et l'esprit dans les vapeurs
    moites d'un bar de nuit,
    dans ces ruelles de solitude d'une cité sans âme.
     
    Le parfum de sa fleur rêvée
    s'est fondu dans les relents
    des caniveaux..
     
     
            
     

    Arômes..

     
     
     
     
     
     
     
    Half Algo 
     
     
     
    Abrupte comme la falaise dressée face à un décor imprenable
    Ramure ondoyante des arbres bercés par les illusions de l'aube
    Ombre vacillante des rêves foulées aux pieds des réveils mécaniques
    Mer d'écume amère vomissant ses entrailles sur les rives de ma dérive
    Evidence incontournable d'une fin annoncée diluant mes espérances
    Soliloques en sourdine d'un matin brumeux en mal d'apesanteur
     
     
    De mon départ j'ai inhalé tous les arômes
    se mêlant aux effluves d'un café trop fort
     
    Déjà
    je n'étais plus là..
     
     
     

    La terre du milieu..

      
     
       free music
     
     
     
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    Indolente jusqu'à l'indécence
    Elle s'étire à perte de vue
    Entre ses rivages d'innocence
    Et les marées de ses abus..
     
    Elle surnage toujours en eau trouble
    Et sombre quand elle y voit clair..
    Trop près du bord elle se dédouble,
    S'épuise dans les courants délétères
    puis
    Echappant à la colère des Dieux,
    Elle rejoint la Terre du Milieu.. 
     
     

    In the mood for L.

     
     
     
     
     (photo Xavier Rey)
     
     
     
     
                  Aller toujours plus loin
     
                                                       même sans avancer..
     
     
    ***
     
     
    ("L'imagination est plus importante que le savoir" Einstein)
     
     

    Au fond des ..

      
     
     
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     Paul Klee
     
     
     
    MONSIEUR A : (avec chaleur) Oh ! Chère amie. Quelle chance de vous...
     
    MADAME B : (ravie) Très heureuse, moi aussi. Très heureuse de... vraiment oui !
     
    MONSIEUR A : Comment allez, depuis que...?
     
    MADAME B : (très naturelle) Depuis que ? Eh bien ! J'ai continué, vous savez, j'ai continué à...
     
    MONSIEUR A : Comme c'est ! ...Enfin, oui vraiment, je trouve que c'est...
     
    MADAME B : (modeste) Oh, n'exagérons rien ! C'est seulement, c'est uniquement... Je veux dire : ce n'est pas tellement, tellement...
     
    MONSIEUR A : (intrigué, mais sceptique) Pas tellement, pas tellement, vous croyez ?
     
    MADAME B : (restrictive) Du moins je le... je, je, je... Enfin !...
     
    MONSIEUR A : (avec admiration) Oui, je comprends : vous êtes trop, vous avez trop de...
     
    MADAME B : (toujours modeste, mais flattée) Mais non, mais non : plutôt pas assez...
     
    MONSIEUR A : (réconfortant) Taisez-vous donc ! Vous n'allez pas nous... ?
     
    MADAME B : (riant franchement) Non ! Non ! Je n'irai pas jusque là !
     
    Un temps très long, ils se regardent l'un l'autre en souriant.
     
    MONSIEUR A : Mais au fait, puis-je vous demander où vous...?
     
    MADAME B : (très précise et décidée) Mais pas de ! Non, non, rien, rien. Je vais jusqu'au, pour aller chercher mon. Puis je reviens à la..
     
    MONSIEUR A : (engageant et galant, offrant son bras) Me permettez-vous de... ?
     
    MADAME B : Mais, bien entendu ! Nous ferons ensemble un bout de..
     
    MONSIEUR A : Parfait, parfait ! Alors, je vous en prie. Veuillez passer par ! Je vous suis. Mais à cette heure-ci, attention à, attention aux !
     
    MADAME B : (acceptant son bras, soudain volubile) Vous avez bien raison. C'est pourquoi je suis toujours très. Je pense encore à mon pauvre. Il allait, comme ça, sans, -ou plutôt avec. Et tout à coup, voilà que ! Ah la la ! Brusquement ! Parfaitement. C'est comme ça que. Oh ! J'y pense, j'y pense ! Lui qui ! Avoir eu tant de ! Et voilà que plus ! Et moi je, moi je, moi je !
     
    MONSIEUR A : Pauvre chère ! Pauvre lui ! Pauvre vous !
     
    MADAME B : (soupirant) Hélas oui ! Voilà le mot ! C'est cela !
     
    Une voiture passe vivement, en klaxonnant.
     
    MONSIEUR A : (tirant vivement madame B en arrière) Attention ! Voilà une !
     
    Autre voiture, en sans inverse. Klaxon.
     
    MADAME B : En voilà une autre !
     
    MONSIEUR A : Que de ! Que de ! Ici pourtant ! On dirait que !
     
    MADAME B : Eh bien ! Quelle chance ! Sans vous, aujourd'hui, je !
     
    MONSIEUR A : Vous êtes trop ! Vous êtes vraiment trop ! (Soudain changeant de ton. Presque confidentiel) Mais si vous n'êtes pas, si vous n'avez pas, ou plutôt : si, vous avez, puis-je vous offrir un ?
     
    MADAME B : Volontiers. Ca sera une ! Comme de nouveau si...
     
    MONSIEUR A : (achevant) Pour ainsi dire. Oui. Tenez, voici justement un. Asseyons-nous !
     
    (Ils s'assoient à la terrasse du café)
     
     
     
    - Jean Tardieu -
    ("Finissez vos phrases")
     
     
     

    Virtuellement vôtre..

     
     
     
      
     
     
     
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     Mirjam Franck
     
     
     
    Parée de ses plus beaux atours
     
    Installée avec élégance
     
    Sous la lumière de l'abat-jour
     
    Qui pose un voile d'indécence
     
    Sur ses nudités alanguies
     
     
     
    Les jambes savamment croisées
     
    Exposée à tous les regards
     
    Sur ses lèvres un sourire figé
     
    Elle attend ainsi jusqu'au soir
     
    Celui qui lui rendra la vie
     
     
     
    Puis la nuit tombe sur la ville
     
    Comme le rideau d'un théâtre
     
    Avec ses ombres qui défilent
     
    Pressés de courir au désastre
     
     
     
    Pour elle il n'y a pas de trève
     
    Elle sera là encore demain
     
    Derrière cette vitrine aux rêves
     
    Et sous l'abat-jour
     
    qui s'éteint.. 
     
     
     

    Le poids des mots ..

     
     
    Des mots qui s'interpellent
    sur des chemins de croix
    Des mots qui s'amoncellent
    sur des cordes sans voix
     
     
    Des mots qui s'apprivoisent
    dans les creux du silence
    Des mots qui se décroisent
    au carrefour des offenses 
      
     
    Des mots qui font l'amour
    dans des draps d'innocence 
    Des mots à contre-jour
    pour calmer nos violences
      
     
    Des mots jetés à l'eau
    comme on jète à la mer
    Un inutile fardeau
    pour mieux pouvoir se taire..
     
     
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    et, en cadeau :
     
     
     
     

    Indécence ...

     
     
     
    Arrête de rêver et de te bercer d'illusions ...!! Tu vois bien où çà t'a menée...!
     
     
    Mais je n'ai pas tant rêvé que çà, tu sais ! Il m'a faite rêver aussi..! J'ai simplement cru à ce qu'il me disait, avec ses mots si convaincants et ses étincelles dans les yeux...
     
     
    Eh bien, tu as eu tort ! Tu es beaucoup trop confiante ..!
     
     
    Tu as sans doute raison, mais vois-tu, ces rêves et ces illusions m'ont permis de continuer à vivre... car finalement,  sans eux, que me resterait-il aujourd'hui de lui ..?
     
     
    Tu veux dire que, de toutes ces années passées, il ne te reste plus que les rêves et les illusions perdues ...?
     
     
    Non, bien sûr..! Il me reste la réalité toute nue ! Mais je l'ai toujours trouvée .... indécente !
     
     
     
     
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    (Christian Pavet)
     
     
     
     
     
     

    Le rendez-vous ...

     
     
    J'ai attendu aussi longtemps
    que j'ai pu..
     
    Dieu, que j'ai été patiente...!
     
     
    Peut-être n'étais-je pas au bon endroit,
    au bon moment ..
     
     
     
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     O. de Schwilgué
     
     
    Ce soir je m'attendais
       
    Mais encore une fois,
     
    JE
     
    N'y était pas ...