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    En pays d'Absence..

     
     
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    (Frida Kahlo) 
     
     
     
    Désolation
     
    La brume épaisse, éternelle, pour me faire oublier où
    m’a rejetée la mer dans son flot saumâtre.
    La terre où j'ai abordé n'a pas de printemps :
    sa nuit sans fin me couvre comme une mère.

    Autour de mon logis, le vent fait sa ronde de sanglots
    et de hurlements et, tel un fil de cristal, brise mon cri.
    Sur la plaine blanche, à l'horizon sans fin,
    je regarde mourir d'immenses couchants douloureux.

    Qui pourra appeler celle qui est venue jusqu'ici,
    puisque seuls les morts sont allés plus loin ?
    Ils regardent une mer muette et glacée
    s'allonger entre leurs bras et les bras chéris.

    Les bateaux dont les voiles blanchissent le port
    viennent de terres où ne sont pas les miens ;
    leurs hommes aux yeux clairs ne connaissent pas mes fleuves,
    et n'apportent que des fruits pâles, qui n'ont pas la lumière de mes vergers.

    La question qui monte à ma gorge
    lorsque je les vois passer, retombe, accablée :
    ils parlent des langues étrangères, non l'émouvante
    langue que, sur des terres dorées, chante ma pauvre mère.

    Je regarde tomber la neige comme poussière dans la tombe ;
    je regarde s'épaissir le brouillard comme l'agonisant,
    pour ne pas tomber dans la folie, je ne compte pas les instants ;
    la longue nuit ne fait que commencer.

    Je contemple la plaine figée et en recueille le deuil,
    car je suis venue voir les paysages de mort.
    La neige est le visage qui regarde à travers mes vitres,
    sa blancheur descend sans trêve des cieux.

    Toujours elle, silencieuse, ainsi que le vaste
    regard de Dieu sur moi, toujours ses jasmins sur mon toit ;
    toujours, tel le destin égal, présent,
    elle viendra me couvrir, terrible, extasiée.


    Gabriela Mistral
     
    Poèmes choisis, Éditions Stock, 1946.
    (Traduction de Mathilde Pomès)
     
     
     
     
     
     
     
       
     
     

    Oscillation

     
     
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    (Misha Gordin)
     
     
     
    Eprise du Rien -
     
    Sur prise d'élans du coeur,
     
    Elle s'ancre à son Tout.. 
     
     
     

    Aux armes, et caetera...

     
     
     
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    «Aucun gouvernement n'avoue aujourd'hui qu'il entretient son armée pour satisfaire à l'occasion ses envies de conquête. L'armée doit, au contraire, servir à la défense. Pour justifier cet état de choses, on invoque une morale qui approuve la légitime défense. On se réserve ainsi, pour sa part, la moralité, et on attribue au voisin l'immoralité, car il faut imaginer celui-ci prêt à l'attaque et à la conquête si l'État dont on fait partie doit être dans la nécessité de songer aux moyens de défense. De plus on accuse l'autre qui, de même que notre État, nie l'intention d'attaquer et n'entretient, lui aussi, son armée que pour des raisons de défense. Pour les mêmes motifs que nous, on l'accuse, dis-je, d'être un hypocrite et un criminel rusé qui voudrait se jeter, sans aucune espèce de lutte, sur une victime inoffensive et maladroite.
    Dans ces conditions, tous les États se trouvent aujourd'hui les uns en face des autres ; ils admettent les mauvaises intentions chez le voisin et se targuent de bonnes intentions. Mais c'est une inhumanité aussi néfaste et pire encore que la guerre, c'est déjà une provocation et même un motif de guerre, car on prête l'immoralité au voisin et, de ce fait, on semble appeler les sentiments hostiles. II faut renier la doctrine de l'armée conçue comme moyen de défense tout aussi catégoriquement que les désirs de conquête. Et viendra peut-être le jour grandiose où un peuple, distingué dans la guerre et la victoire, par le plus haut développement de la discipline et de l'intelligence militaires, habitué à faire les plus lourds sacrifices à ces choses, s'écriera librement : " Nous brisons l'épée ! " - détruisant ainsi toute son organisation militaire jusqu'en ses fondements. Guidé par l'élévation du sentiment, se rendre inoffensif, tandis qu'on est le plus redoutable - c'est le moyen d'arriver à la paix véritable qui doit toujours reposer sur une disposition d'esprit paisible, tandis que ce que l'on appelle la paix armée, telle qu'elle est pratiquée maintenant dans tous les pays, répond à un sentiment de discorde, à un manque de confiance en soi et dans le voisin et empêche de déposer les armes, soit par haine, soit par crainte. Plutôt périr que de haïr et que de craindre, et plutôt périr deux fois que de se laisser haïr et craindre, - il faudra que cela devienne un jour la maxime supérieure de toute société établie ! - On sait que nos représentants du peuple libéraux manquent de temps pour réfléchir à la nature de l'homme : autrement, ils sauraient qu'ils travaillent en vain s'ils s'appliquent à une diminution graduelle des charges militaires. Au contraire, ce n'est que lorsque ce genre de misère sera le plus grand que le genre de dieu qui seul puisse aider sera le plus près. L'arbre de la gloire militaire ne pourra être détruit qu'en une seule fois, par un coup de foudre : mais la foudre, vous le savez, vient des hauteurs.»
     
    Nietzsche ("Le voyageur et son ombre", extrait)
     
     
     
    ("A lutter avec les mêmes armes que ton ennemi, tu deviendras comme lui." Nietzche)
     
     
     
     

    Lisa Ekdahl.. et le Peter Nordhal Trio

     
     
     
      
     
     
     

    Dévers rouillé..

     
     
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    Fabio Keiner ("The hidden girl")
     
     
                                                                           Description du Mensonge
    La rouille s'est posée sur ma langue comme la saveur d'une disparition.
    L'oubli est rentré dans ma langue et je n'ai eu d'autre conduite que l'oubli,
     
    et je n'ai accepté d'autre valeur que l'impossibilité.
     
    Comme un bâteau calcifié dans un pays d'où la mer s'est retirée,
     
    j'ai écouté la reddition de mes os s'établissant dans le repos ;
     
    j'ai écouté la fuite des insectes, la rétractation de l'ombre pénétrant
    ce qui restait de moi ;
     
    j'ai écouté jusqu'à ce que la vérité eût cessé d'exister dans l'espace
    et dans mon esprit,
     
    et je n'ai pu endurer la perfection du silence.
     
                                      Antonio Gamoneda
                                                          
     
     
     
     
     

    Entre corps et pensées..

     
     
    Il me reste dans les yeux
    comme un Pays d'enfance 
    qui ne s'efface pas..
     
     
     
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    Cali Rezo
     
     
    Il me reste dans la bouche
    comme une saveur de Temps  
    qui ne revient pas..
     
     
     
     
          
       Melody Gardot - "over the rainbow"
     
     
     

    De la Diversité des Hommes..

     
     
    Claude Lévy-Strauss
     
    Le Penseur du siècle..
     
    Celui qui fut l'inventeur du "Structuralisme"
    et le précurseur des sciences cognitives
    en posant la relativité des notions de Nature et de Culture,
    Auteur de "l'Anthropologie structurale",
    de "la Pensée sauvage" qui l'opposa à Sartre en son temps,
    de "Race et Histoire" ou encore de ces "Tristes Tropiques", 
    Auteur des "Mythologiques" et qui aimait tant "le sans-gêne vis-à-vis du surnaturel",
    cet homme aux talents multiples
    (photographe, dessinateur, musicologue, écrivain, poète..),
     
    Celui qui fut à lui tout seul un chef-d'oeuvre d'Art de vivre,
     
    Cet homme-là n'est plus.. 
     
     
    ****
     
     
    2 liens très intéressants pour en savoir un peu plus sur les grandes lignes de sa pensée :
      
     
     
     
    et ci-dessous, quelques-unes de ses citations, pour le moins prémonitoires.. :
       
    "Il faut beaucoup de naïveté ou de mauvaise foi
    pour penser que les hommes choisissent leurs croyances
    indépendamment de leur condition."
    (Tristes Tropiques - 1955)
     
    *** 
    Son ordinaire ne comportera plus que ce plat."
    (Tristes Tropiques - 1955)
     
    ***
     
    "Cultures : pour qu'elles persistent dans leur diversité,
    il faut qu'il existe entre elles une certaine imperméabilité."
     
     
     

    Les musiques du silence..

     
     
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    Carlos Estevez 
     
     
    Je dansais à en perdre le souffle sur les rives de l'oubli..
    Les musiques du silence m'avaient entraînée
    jusqu'à la démesure sur des rythmes endiablés,
    et je m'étais pris les pieds dans les tapis trop soyeux
    des plaisirs de contre-façon.
    L'ivresse était vite retombée comme un rideau de théâtre
    au dernier acte joué. 
    Je me retrouvais seule alors
    sur la scène des apparences.
     
    Marionnette désarticulée
                                                 au milieu de nulle part,
     
    Tu as recousu mes déchirures au fil de ta tendresse,
    m'as rendu le souffle en me mettant l'eau à la bouche.
    Avec mille précautions, en me soulevant de terre,
    tu as défroissé chaque parcelle de ma peau 
    et réveillé les éclats d'ambre de mes yeux.
     
    J'ai croisé le feu de ton regard 
                                                  et je ne veux plus m'en détourner.. 
     
     

    Aux confins de l'Absurde..

     
     
          
     
     
     
    Parce qu'il me fait encore et toujours hurler de rire..!
     
     
     ******* 
     
     
    Allez, je vous en rajoute une tite dernière pour le week-end..
    d'aucuns diront qu'elle est un peu border-line,
    mais j'adooore !!!
     
     
     
     
     
     

    Fin de saison..

     
     
     
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    Cali Rezo
     
     
     
    Les mots suintent et s'écoulent sur la vitre.
    Une fenêtre s'est refermée et le temps s'est arrêté. Là-bas,
    plus loin, un cri d'orfraie déchire le voile de la nuit
    et réveille la crainte des amants assoupis.
    Les larmes du ciel creusent un sillon sous leurs paupières
    et la cendre des heures a éteint le brasier des corps
    enlacés dans les draps de l'automne..
     
     
     
      
     
     
     

    Conte enseveli..

     
     
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    Yahne le Toumelin (miroir du désert) 
     
     
    Porphyres éclatés dans l'oeil de la tourmente
    Répliques exhumées d'un tremblement de coeur
    Elle s'accroche à son rêve sur des chemins en pente
    Meurtrissant sa mémoire au poinçon du crève-coeur
    Instable sur ses bases et poussée par les vents
    Elle tombe sur l'arête d'une pierre oubliée
    Resurgie du tréfonds des sables émouvants
    Endormie dans le creux de ses déserts ciliés
     
    Fendant la pierre en deux et elle-même brisée
    Osant un dernier souffle elle redevient poussière
    Invoquant tous les dieux elle se voit dispersée
    Sous un soleil d'enfer et les restes de pierre..
     
     
       
     
     

    La mer au fond de soi..

      
     
    Regarder la réalité en Farce
    Et la faire basculer de son socle branlant,
    Lui planter dans les yeux les phares de son obscénité,
    Prendre son envol au-dessus des tracés et des perspectives,
    Se laisser planer au mépris des lois de la pesanteur,
    S'affranchir du mal, du vide et de la peur,
    Atteindre la mer et ses chants prometteurs
    Pour une promenade ultime
    Qui n'aurait pas de
    Fin..
      
     
     
        
    ("Mar adentro" d'Alejandro Amenàbar - 2004) 
     
      

    La cage des mots..

     
     
     
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    Magritte
     
     
     
    Les mots, s'ils ne parviennent pas
    à s'échapper des barreaux de la Pensée,
    sont comme les oiseaux en cage
    qui finissent par refuser
    de s'envoler..
     
     
     
     
    (A Lui.. qui était aussi léger qu'une plume, et qui ne verra jamais plus ses mots s'envoler ! Adieu Pierrot lunaire )
     
     
     

    A l'ombre des géants..

     
     
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    Patty Laurent ("Ulysse") 
     
     
    J'ai vu des infinis sous mes paupières scellées,
    embrasements furtifs écartelant le ciel,
    des serpents de couleurs sur des terres brûlées,
    des rivières taries jusques aux mers de sel
    aux volcans dégorgeant leurs crachats d'étincelles..
     
    Au-delà du désir, par l'absence aveuglée,
    j'ai comblé par le fond l'abîme originel
    des amours illusoires et des rêves d'enfants,
    et me suis endormie à l'ombre des géants..
      

    Dévisagements..

     
     
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    (Elena Zolonitsky) 
     
     
     
    Les cahiers de Malte Laurids Brigge (extrait)
     
    "J'apprends à voir. Je ne sais pas pourquoi, tout pénètre en moi plus profondément, et ne demeure pas où, jusqu'ici, cela prenait toujours fin.
    J'ai un intérieur que j'ignorais. Tout y va désormais. Je ne sais pas ce qui s'y passe.
    Aujourd'hui, en écrivant une lettre, j'ai été frappé du fait que je ne suis ici que depuis trois semaines. Trois semaines ailleurs, à la campagne par exemple, cela semblait un jour, ici ce sont des années.
    Du reste je ne veux plus écrire de lettres. À quoi bon dire à quelqu'un que je change ? Si je change, je ne suis plus celui que j'étais, et si je suis autre que je n'étais, il est évident que je n'ai plus de relations.
    Et je ne peux pourtant pas écrire à des étrangers, à des gens qui ne me connaissent pas!
    L'ai-je déjà dit! J'apprends à voir. Oui, je commence.
    Cela va encore mal. Mais je veux employer mon temps. Je songe par exemple que jamais encore je n'avais pris conscience du nombre de visages qu'il y a. Il y a beaucoup de gens, mais encore plus de visages, car chacun en a plusieurs. Voici des gens qui portent un visage pendant des années. Il s'use naturellement, se salit, éclate, se ride, s'élargit comme des gants qu'on a portés en voyage.
    Ce sont des gens simples, économes; ils n'en changent pas, ils ne le font même pas nettoyer. Il leur suffit, disent-ils, et qui leur prouvera le contraire? Sans doute, puisqu'ils ont plusieurs visages, peut-on se demander ce qu'ils font des autres. Ils les conservent. Leurs enfants les porteront.
    Il arrive aussi que leurs chiens les mettent. Pourquoi pas?
    Un visage est un visage.
    D'autres gens changent de visage avec une rapidité inquiétante. Ils essaient l'un après l'autre, et les usent. II leur semble qu'ils doivent en avoir pour toujours, mais ils ont à peine atteint la quarantaine que voici déjà le dernier. Cette découverte comporte, bien entendu, son tragique. Ils ne sont pas habitués à ménager des visages; le dernier est usé après huit jours, troué par endroits, mince comme du papier, et puis, peu à peu, apparaît alors la doublure, le non-visage, et ils sortent avec lui.
     
    Mais la femme, la femme : elle était tout entière tombée en elle-même, en avant, dans ses mains. C'était à l'angle de la rue Notre-Dame-des-Champs. Dès que je la vis, je me mis à marcher doucement. Quand de pauvres gens réfléchissent, on ne doit pas les déranger. Peut-être finiront-ils encore par trouver ce qu'ils cherchent.
    La rue était vide; son vide s'ennuyait, retirait mon pas de sous mes pieds et claquait avec lui, de l'autre côté de la rue, comme avec un sabot. La femme s'effraya, s'arracha d'elle-même. Trop vite, trop violemment, de sorte que son visage resta dans ses deux mains. Je pouvais l'y voir, y voir sa forme creuse. Cela me coûta un effort inouï de rester à ces mains, de ne pas regarder ce qui s'en était dépouillé. Je frémissais de voir ainsi un visage du dedans, mais j'avais encore bien plus peur de la tête nue, écorchée, sans visage." 
    (Ed. Seuil, "Points" - traduction de Maurice Betz)
     
     
    Rainer Maria Rilke
     
     
     
     
     
    ("Il était de ces hommes qui ne cessent pas jusqu'au bout de s'étonner d'avoir un nom, comme on s'étonne en passant devant un miroir d'avoir un visage, et que ce soit précisément ce visage-là." Marguerite Yourcenar)
     
     
     

    Tartuffe au pays des Droits de l'Homme..

     
     
    Emue tout autant qu'indignée
    par les discours et pétitions de l'élite artistico-politique
    en faveur de la libération de Roman Polanski,
    je tenais à vous livrer sur ce blog la lettre ouverte d'un anonyme,
    coupable du même genre de crime,
    adressée ouvertement à B.Kouchner et F.Mitterand 
    et publiée dans le journal Le Monde du 30/09/09 ..
     
    ***
     

    Lettre ouverte à Monsieur Kouchner et Monsieur Mitterrand

    par Manu A, Invalide sans profession.
    30.09.09
     

    "Vos prises de position au sujet de l'affaire Polanski me forcent à venir à vous. En 1989, il y a donc 20 ans de cela, je me suis rendu coupable des mêmes faits que l'on reproche à Monsieur Polanski. Je croyais, moi aussi, que j'avais un rapport sexuel avec une adolescente de 14 ans consentante. Contrairement à votre pauvre cinéaste, j'ai attendu sagement la venue des gendarmes, puis je suis resté en cellule deux ans et demi, jusqu'à mon procès devant la Cour d'assises. Et, toujours en cellule, j'ai compté deux mille deux cent cinquante cinq (2255) jours avant d'être enfin élargi. Soit dit en passant, sans une seule permission de sortir préalable.

    Le fait est que la prison, le procès et la psychanalyse aidant, j'ai fini par saisir une subtilité qui jusque là m'avait échappé et qui, je l'avoue, était sinon à l'origine de mon acte, tout du moins un élément déclencheur de ce que j'infligeais à ma victime. Comme j'ai pu constater, suite à l'affaire Polanski, que cette subtilité vous échappe à tous deux, je m'empresse de vous en faire part. J'ai appris à mes dépends, mais aussi et surtout aux dépends de celle à qui j'ai fait tant de mal, qu'une gamine de 13 ans ne peut en aucun cas donner son consentement pour une relation sexuelle avec un adulte. Je le répète, il est impossible qu'elle donne son consentement, y compris lorsqu'elle est explicitement demandeuse, c'est vous dire combien certains font fausse route et pourquoi je fus très justement condamné pour viol. Si vous me demandiez la raison de cette impossibilité, je vous répondrais ce par quoi je commençais ce paragraphe. D'où, Messieurs les ministres, la nécessité de répondre de ses actes devant la justice, devant la victime et de les revoir, les mâcher, les ruminer, jour après jour, nuit après nuit. Tout cela bien sûr dans la douleur, les larmes, la contrainte, l'humiliation, la honte et la solitude de la prison. Travail qu'on ne peut nullement réaliser dans le strass et les paillettes. Travail que vous, Messieurs les ministres et tous ceux qui protègent Polanski depuis si longtemps, l'avez empêché de réaliser.

    Voilà pourquoi cette affaire lève un tel tollé parmi les gens communs, et voilà la raison du décalage abyssal qu'il y a entre l'opinion du petit peuple, dont je suis, et vous et vos amis intellectuels : parce que vous vous dressez comme un seul homme contre ce que nous enseigne toute notre civilisation - excusez du peu !

    Vous, Messieurs, voilà que tout d'un coup, vous nous crachez que l'homme ne doit nullement faire amende honorable, ni redresser son chemin. Et vous voilà, soudain, la bouche pleine de ses pitoyables excuses que l'on entend si souvent dans la bouche de tristes individus, dont j'étais, plus proches de l'animalité que de ce à quoi ferait penser leur silhouette: "Elle était consentante, elle paraissait vingt ans, il y a si longtemps" Vous, ministres et intellectuels, vous n'avez loupé aucune de ces bestialités, plus l'insulte faite à tous ceux qui purgent leur peine dans la promiscuité, le silence et l'oubli de nos prisons.

    Mais il y a pire. Les faits dont je me suis rendu coupable, je les ai commis en 1989, il y a donc vingt bonnes années. Personnellement, j'ai assumé, j'ai payé et j'ai même payé un second crime que je n'avais pas commis et puis surtout, j'ai réalisé l'infinie gravité de mes actes. Et si je n'ai jamais eu droit au pardon, j'ai en revanche eu droit à l'oubli... Jusqu'en février dernier. Car voilà qu'en février 2009, donc vingt ans après, ces messieurs en uniforme sont venus me notifier que dorénavant j'héritais d'une nouvelle punition qui consiste à devoir me rendre deux fois par an dans leurs locaux pour leur confirmer mon adresse. Vingt ans après Monsieur Kouchner ! Vingt ans après Monsieur Mitterrand ! Alors que j'ai tout assumé, payé et jamais récidivé. Alors qu'ils ont devant leurs yeux vingt longues années de non récidive. Et cette loi scélérate, c'est vous, Monsieur Kouchner, c'est vous, Monsieur Mitterrand, vous qui demandez à ce qu'on oublie un fugitif, c'est vous qui l'avez voulue et votée, quand pour Polanski "c'est si vieux, quel acharnement, méchants américains..."

    Depuis février, je fais des cauchemars, depuis février, j'ai perdu ma paix et l'on m'a arraché à l'oubli, celui que la coutume ancestrale me concède. Depuis que vous m'avez infligé une nouvelle punition, vingt ans après les faits, ça va mal. Mais depuis trois jours, Messieurs les ministres, depuis que vous avez réagi pour Polanski, là vous m'avez mis la haine, j'ai perdu mon peu de sagesse. Vous m'avez empoisonné le sang. Je vous demande donc au nom du simple principe de cohérence de me faire enlever cette dernière punition aussi injuste que traumatisante. De lancer une pétition avec vos amis les intellectuels et autres cinéastes. Redonnez-moi mon droit à l'oubli, car moi, oui, j'y ai droit, j'ai fait plus juste que le "Pianiste" et son auteur : J'ai payé !"

     

    Un pays sans frontières..

     
     
      
    Playing for change ("stand by me")
     
    Le tube de Ben E.King est repris ici par une quinzaine de musiciens de rue,
    membres du collectif "Playing for Change",
    de la Nouvelle-Orléans à Johannesburg en passant par Toulouse..
    (visionner les autres vidéos sur leur site et sur vimeo.com)
     
     
     
    Mark Johnson, ingénieur du son et co-fondateur du collectif, dit :
     
    "Nous croyons que la rue est l'environnement le plus naturel pour la musique. Dans la musique de rue, il n'y a pas de barrières entre le musicien et le public : pas de scène, pas de billets d'entrée, pas de portes fermées. 

    Au début, nous économisions juste assez d'argent pour acheter nos billets d'avion puis chercher des musiciens à notre arrivée. Ensuite, notre réseau s'est beaucoup développé, grâce au bouche à oreille. Parfois je fais quelques recherches sur Internet pour me renseigner sur les différents instruments traditionnels d'un pays pour essayer de les intégrer à notre enregistrement.

    Pour le clip de 'Stand by Me', tout a commencé quand je suis tombé sur Roger Riddley à deux pas de chez moi, à Santa Monica en Californie. J'ai tellement aimé son interprétation que je lui ai demandé si je pouvais l'enregistrer et faire circuler sa musique dans le monde. Il m'a regardé comme si j'étais fou, mais a dit d'accord, et ensuite son enregistrement est devenu la base sur laquelle tous les autres musiciens sont venus s'ajouter.

    Je pense que ce projet peut concrètement promouvoir la paix dans le monde parce que quiconque regarde nos vidéos se rend vite compte qu'avant d'être tous différents nous faisons tous partie du même genre humain. Nous avons nous-mêmes créé ce qui nous sépare, alors nous pouvons tout aussi bien créer des liens. Je pense que la musique est l'un des meilleurs moyens de démontrer cette idée.

    Nous sommes aujourd'hui sponsorisés par une maison de disques, mais cela n'a changé en rien l'esprit de notre projet. Les musiciens touchent des royalties sur d'éventuelles ventes de disques, mais aucun ne fait ça pour l'argent.

    Pour l'instant, notre fondation n'a construit qu'une école, mais on a plusieurs projets en cours. Tout comme la vidéo de 'Stand by Me' commence par un type et sa guitare, notre fondation commence par une école, qui sera ensuite reliée à beaucoup d'autres à travers le monde."

     
    ***
     
     
    (merci à R.M. pour cette belle découverte..)
     
     

    Démonologue..

     
     
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    (H.R. Giger) 
     
      
     
    Leurs mots sont lourds de sève contenue,
    d'âmes en détresse qui font la ronde
    pour se sentir moins seules,
    Ils nous transpercent de leur regard ignescent
    pour débrider le nôtre, 
    Leurs chants nous aspirent
    vers des sphères de musique inconnue 
     où les notes se lisent sur nos lèvres exsangues,
    Le fiel qui coule de leurs bouches
    se mêle à la rosée du matin pour étancher
    nos soifs de lendemains
    et leur esprit flamboyant retranscrit
    en lettres de sang le chapitre
    du reste de nos vies..
     
      
     
      
       (Marilyn Manson - "Sweet dreams")
     

    La Porte d'Ivoire..

     
     
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    Yanne le Toumelin ("miroir du ciel") 
     
     
     
    Elle voit tourner la roue à l'envers
    décalée dans un espace-temps qui lui tourne le dos
    Elle s'ingénie à bouger dans tous les sens
    mais ses contorsions douloureuses n'y changent rien
    Elle est en inéquation avec le reste du monde..
     
     
    Il s'emploie à lui montrer un chemin de vie
    qu'elle ne reconnaît pas
    Peur de s'enliser dans des marécages obscurs
      où les traces d'elle se perdraient à jamais
    Elle cherche sa Porte d'Ivoire..
     
     
    Elle décide de sortir de l'enfer de la nuit
    de suivre l'écho qui résonne dans sa mémoire
    Elle ferme les yeux, se bouche les oreilles
    et Avance
    sans se retourner..
     
     
     

    A l'ambre des mots

     
     
     
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    J'ai aiguisé mes canines
    à l'ambre des mots.
    Mes nuits devenues fauves..