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LOBA del SùrLa meilleure façon de marcher c'est de ne pas toucher terre...
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Echappement libre..
SubterfugeMalaises (Deviantart)
Le Voyage commençait à virer au cauchemar, car elle n'arrêtait pas de s'y perdre en route..
Ils ne la quittaient plus un seul instant, partout où ses dérives la portaient sans but précis, et elle ne savait plus trop qui accompagnait qui, ou bien lequel entraînait l'autre dans son sillage..
Elle se trouva soudain à une croisée des chemins qui la laissa perplexe, et deux statues lui indiquaient une direction diamétralement opposée.. Laisserait-elle ces anges de pierre décider du cours de son voyage ?
Elle aperçut un cheval sans cavalier qui traversait la route et elle se surprit à rêver qu'elle s'enfuyait sur son dos, vers une destination connue de lui seul. Le contact charnel avec l'animal lui faisait déjà oublier l'étoffe des corps qui l'avaient privée trop longtemps de cette liberté à laquelle elle aspirait à présent.. Elle ne faisait plus qu'un avec lui ; ils traversaient ensemble vallées, forêts et rivières vers un ailleurs libérateur.. et à ce train d'enfer, elle se retrouvait déjà loin de tous ses questionnements et désirs confus..
Un éclat d'or pur transperça ses yeux au soleil couchant et c'est alors seulement qu'elle se mit à songer à un abri pour la nuit..
Elle ne comptait plus sur sa bonne étoile pour arriver à bon port, ou seulement peut-être encore sur l'Etoile du berger. A cet instant précis, elle se contentait uniquement de savourer le plaisir d'avoir échappé aux geôliers de ses rêves. Dans cette course éperdue, elle se sentait enfin libre à jamais !
De temps à autre, elle se laissait aller avec sensualité sur la crinière rugueuse et douce à la fois, et son nez inspirait avec délice cette odeur chaude et animale qui la rassurait pleinement.
Elle s'imagina même pendant un bref instant être cette guerrière intrépide, volant au secours de l'Opprimée qui portait toujours en elle ce vague à l'Ame du pays, comme une vieille douleur lancinante..
(pour Plum et Fidji..)
Tu emplis tout.. (Cali Rezo)
Pour que tu m'entendes
mes mots parfois s'amenuisent comme la trace des mouettes sur la plage. Collier, grelot ivre pour le raisin de tes mains douces. Mes mots je les regarde et je les vois lointains. Ils sont à toi bien plus qu'à moi. Sur ma vieille douleur ils grimpent comme un lierre. Ils grimpent sur les murs humides. Et de ce jeu sanglant tu es seule coupable. Ils sont en train de fuir de mon repaire obscur. Et toi tu emplis tout, par toi tout est empli. C'est eux qui ont peuplé le vide où tu t'installes, ma tristesse est à eux plus qu'à toi familière. Ils diront donc ici ce que je veux te dire, et entends-les comme je veux que tu m'entendes. Habituel, un vent angoissé les traîne encore et parfois l'ouragan des songes les renverse. Tu entends d'autres voix dans ma voix de douleur. Pleurs de lèvres anciennes, sang de vieilles suppliques. Ma compagne, aime-moi. Demeure là. Suis-moi. Ma compagne, suis-moi, sur la vague d'angoisse. Pourtant mes mots prennent couleur de ton amour. Et toi tu emplis tout, par toi tout est empli. Je fais de tous ces mots un collier infini Pablo Neruda
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