Babel's profileLOBA del SùrPhotosBlogListsMore ![]() | Help |
LOBA del SùrLa meilleure façon de marcher c'est de ne plus toucher terre... |
|||||
|
|
En pays d'Absence..Désolation
La brume épaisse, éternelle, pour me faire oublier où
m’a rejetée la mer dans son flot saumâtre. La terre où j'ai abordé n'a pas de printemps : sa nuit sans fin me couvre comme une mère. Autour de mon logis, le vent fait sa ronde de sanglots et de hurlements et, tel un fil de cristal, brise mon cri. Sur la plaine blanche, à l'horizon sans fin, je regarde mourir d'immenses couchants douloureux. Qui pourra appeler celle qui est venue jusqu'ici, puisque seuls les morts sont allés plus loin ? Ils regardent une mer muette et glacée s'allonger entre leurs bras et les bras chéris. Les bateaux dont les voiles blanchissent le port viennent de terres où ne sont pas les miens ; leurs hommes aux yeux clairs ne connaissent pas mes fleuves, et n'apportent que des fruits pâles, qui n'ont pas la lumière de mes vergers. La question qui monte à ma gorge lorsque je les vois passer, retombe, accablée : ils parlent des langues étrangères, non l'émouvante langue que, sur des terres dorées, chante ma pauvre mère. Je regarde tomber la neige comme poussière dans la tombe ; je regarde s'épaissir le brouillard comme l'agonisant, pour ne pas tomber dans la folie, je ne compte pas les instants ; la longue nuit ne fait que commencer. Je contemple la plaine figée et en recueille le deuil, car je suis venue voir les paysages de mort. La neige est le visage qui regarde à travers mes vitres, sa blancheur descend sans trêve des cieux. Toujours elle, silencieuse, ainsi que le vaste regard de Dieu sur moi, toujours ses jasmins sur mon toit ; toujours, tel le destin égal, présent, elle viendra me couvrir, terrible, extasiée. Gabriela Mistral Poèmes choisis, Éditions Stock, 1946.
(Traduction de Mathilde Pomès)
Aux armes, et caetera...«Aucun gouvernement n'avoue aujourd'hui qu'il entretient son armée pour satisfaire à l'occasion ses envies de conquête. L'armée doit, au contraire, servir à la défense. Pour justifier cet état de choses, on invoque une morale qui approuve la légitime défense. On se réserve ainsi, pour sa part, la moralité, et on attribue au voisin l'immoralité, car il faut imaginer celui-ci prêt à l'attaque et à la conquête si l'État dont on fait partie doit être dans la nécessité de songer aux moyens de défense. De plus on accuse l'autre qui, de même que notre État, nie l'intention d'attaquer et n'entretient, lui aussi, son armée que pour des raisons de défense. Pour les mêmes motifs que nous, on l'accuse, dis-je, d'être un hypocrite et un criminel rusé qui voudrait se jeter, sans aucune espèce de lutte, sur une victime inoffensive et maladroite.
Dans ces conditions, tous les États se trouvent aujourd'hui les uns en face des autres ; ils admettent les mauvaises intentions chez le voisin et se targuent de bonnes intentions. Mais c'est une inhumanité aussi néfaste et pire encore que la guerre, c'est déjà une provocation et même un motif de guerre, car on prête l'immoralité au voisin et, de ce fait, on semble appeler les sentiments hostiles. II faut renier la doctrine de l'armée conçue comme moyen de défense tout aussi catégoriquement que les désirs de conquête. Et viendra peut-être le jour grandiose où un peuple, distingué dans la guerre et la victoire, par le plus haut développement de la discipline et de l'intelligence militaires, habitué à faire les plus lourds sacrifices à ces choses, s'écriera librement : " Nous brisons l'épée ! " - détruisant ainsi toute son organisation militaire jusqu'en ses fondements. Guidé par l'élévation du sentiment, se rendre inoffensif, tandis qu'on est le plus redoutable - c'est le moyen d'arriver à la paix véritable qui doit toujours reposer sur une disposition d'esprit paisible, tandis que ce que l'on appelle la paix armée, telle qu'elle est pratiquée maintenant dans tous les pays, répond à un sentiment de discorde, à un manque de confiance en soi et dans le voisin et empêche de déposer les armes, soit par haine, soit par crainte. Plutôt périr que de haïr et que de craindre, et plutôt périr deux fois que de se laisser haïr et craindre, - il faudra que cela devienne un jour la maxime supérieure de toute société établie ! - On sait que nos représentants du peuple libéraux manquent de temps pour réfléchir à la nature de l'homme : autrement, ils sauraient qu'ils travaillent en vain s'ils s'appliquent à une diminution graduelle des charges militaires. Au contraire, ce n'est que lorsque ce genre de misère sera le plus grand que le genre de dieu qui seul puisse aider sera le plus près. L'arbre de la gloire militaire ne pourra être détruit qu'en une seule fois, par un coup de foudre : mais la foudre, vous le savez, vient des hauteurs.»
Nietzsche ("Le voyageur et son ombre", extrait)
("A lutter avec les mêmes armes que ton ennemi, tu deviendras comme lui." Nietzche)
Dévers rouillé..Fabio Keiner ("The hidden girl")
Description du Mensonge
|
||||
|
|||||
|
|